Un deal de 50 millions d’euros conclu par visio… il fallait vraiment que l’affaire soit attirante­ ! Au printemps dernier, l’assureur santé nouvelle génération Alan bou­­clait une levée de fonds en plein confinement. «La présentation de nos résultats, les négociations, l’accord final… tout s’est fait à distance», rapporte Charles Gorintin, cofondateur de la mutuelle en ligne. Des conditions peu communes qui n’ont pas empêché de solides fonds d’investissement, comme le singapourien Temasek, connu pour avoir soutenu Alibaba, de mettre la main à la poche. La start-up avait un besoin urgent de renflouer les caisses ? «Pas du tout, mais nous avons des ambitions à financer, précise le patron de cette société, dont le chiffre d’affaires aura plus que doublé en 2020, à 60 millions d’euros. Ces capitaux doi­vent nous permettre d’étoffer les équipes et d’ouvrir de nouveaux pays, nous ne voulons pas perdre de temps.» Plus rien n’arrête notre French Tech, pas même une pandémie ! Soyons clairs, beaucoup de nos pépites ont été sérieusement déstabilisées par les événements et certaines ne s’en remettront pas, malgré le recours aux aides d’Etat (PGE), dans le tourisme ou l’événementiel notamment­. Mais une bonne partie d’entre elles ont pu maintenir un rythme de croissance honorable, voire proche de leurs prévisions, quand d’autres ont carrément été boostées par le Covid, des vendeurs d’outils de télétravail ou de santé à distance, par exemple. «La France a pour elle d’avoir beaucoup de spécialistes du B to B (relations entre entreprises) qui proposent des solutions de digitalisation, explique Jean-David Chamboredon, président du fonds Isai. Au-delà, cette année prouve la robustesse de notre écosystème, qui continue d’attirer les investissements.» De fait, tous les indicateurs ou presque sont au vert. Malgré la crise, autant d’argent qu’en 2019, voire plus, devrait être investi dans nos start-up cette année, à savoir plus de 5 milliards d’euros. […]